Tchad : Grève contre les brutalités policières en milieu scolaire

Depuis la disparition soudaine du Président de la République du Tchad, M.  Idriss Deby Itno, et la prise du pouvoir par les militaires, le pays a connu des manifestations organisées par des organisations de la société civile et des partis politiques, pour protester contre le remplacement anticonstitutionnel du gouvernement.
 
Les écoles de Ndjamena, la capitale du Tchad, sont devenues la cible de brutalités policières. Il y a un mois, l'école primaire de Belle Vue en a fait les frais. La semaine dernière, c'était au tour du lycée Félix Eboué, et le 24 mai, ce sont les lycées Amtoukoui et Gassi, tous situés à Ndjamena, qui ont été la cible de violences policières. 
 
Le 24 mai 2021, les lycées d'Amtoukoui et de Gassi se sont transformés en champs de bataille où les élèves et leurs enseignants ont été victimes de violences policières. La police est entrée de force dans les écoles et a tiré des gaz lacrymogènes sur tout le monde, provoquant ainsi la panique et la débandade. Par conséquent, la section de Ndjamena du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) a appelé à une grève à partir du 25 mai 2021, afin de protester, non seulement contre la brutalité policière, mais aussi pour exiger le respect des lois et la sécurité dans les écoles.
 
Les attaques contre les écoles sont une violation des droits des enfants
 
L'éducation est un droit humain fondamental et un bien public. Tous les enfants ont droit à une éducation publique de qualité, gratuite, inclusive et équitable, quel que soit leur lieu de résidence. Cependant, en raison des attaques contre les écoles, de nombreux enfants en Afrique n'ont pas accès à l'éducation. Lors de son 8ème Congrès Mondial, l'IE a adopté une Résolution qui définit les attaques contre l'éducation comme toute menace ou utilisation effective de la force contre les élèves, les enseignants, les universitaires, le personnel de soutien à l'éducation, les fonctionnaires de l'éducation, ainsi que les bâtiments, ressources, équipements ou installations de l'éducation pour des raisons politiques, militaires, idéologiques, sectaires, ethniques ou religieuses. La même résolution précise que les attaques contre l'éducation à tous les niveaux créent un climat de peur et de répression qui porte atteinte aux libertés académiques et aux fonctions éducatives. Par conséquent, la brutalité policière actuelle contre les éducateurs et leurs élèves au Tchad est une violation des droits de l'homme.
 
Les écoles au Tchad doivent être protégées, et non brutalisées
 
Conformément à la Déclaration de l'IE sur la Sécurité dans les Ecoles, nous appelons les autorités et la police tchadiennes à assurer la mise en œuvre effective des lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l’utilisation militaire durant les conflits armés des Nations Unies en garantissant que tous les élèves et enseignants  nonobstant leurs sexes, apprennent et enseignent en toute sécurité.

[Thu, 27 May 2021 12:53:00 +0200] | DIGG CETTE

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