Kenya : un nouveau rapport exhorte le gouvernement à bien planifier et sauver des vies

Ce rapport a pour but d’éclairer le débat et la prise de décision dans le secteur de l’éducation sur la réouverture et la gestion des écoles, des collèges et des universités. Il couvre également la continuation de l’enseignement et de l’apprentissage pendant la crise de la COVID-19.

Le Kenya National Union of Teachers (KNUT) et l’Universities Academic Staff Union (UASU) – tous deux affiliés à l’Internationale de l’Éducation – ont collaboré à l’élaboration de ce rapport avec la Kenya Human Rights Commission (KHRC), le Kenya Medical Pratictioners Pharmacists and Dentists’ Union (KMPDU), le Forum for African Women Educationalists – Kenya (FAWE-Kenya) et le Elimu Tuitakayo Network.

Ils ont soumis ce rapport au Comité national de réponse d’urgence sur le Coronovirus. Ce comité a été crée par Uhuru Kenyatta, Président du Kenya, en tant que cadre pour augmenter et coordonner la capacité du pays à prévenir, faire face à la pandémie et enrayer la propagation de la COVID-19.

Conclusions fondées sur les données

Ce rapport bénéficie d’une analyse documentaire incisive et complète effectuée par un groupe d’expert∙e∙s, d’une analyse de données brutes reposant sur des réponses provenant d’enseignant∙e∙s, de conférenciers, de personnel non-enseignant, de défendeurs de droits humains de première ligne, de médecins et d’expert∙e∙s en santé dans le domaine de la COVID-19 dans tout le pays. Il comprend également des informations pertinentes et des expériences au niveau mondial, des lignes directrices émanant d’organismes multi-états et des conseils de syndicats d’autres pays.

Facteurs critiques à prendre en considération

Ce rapport, publié le 27 mai met l’accent sur des éléments clés :

  • Élaborer un processus objectif, inclusif et complet fondé sur des données permettant d’évaluer comment les écoles, les enseignant∙e∙s, les conférencier∙ère∙s, les personnels de soutien à l’éducation, les élèves, les étudiant∙e∙s ainsi que les communautés font face aux fermetures et à la pandémie – afin de déterminer quand et comment rouvrir les écoles, les collèges et les universités.
  • Tenir compte de l’intérêt supérieur des enfants, des enseignant∙e∙s, des personnels de soutien à l’éducation et des considérations générales de santé publique, en s’appuyant sur l’évaluation des avantages et des risques ainsi que sur des données intersectorielles et spécifiques au contexte – notamment des données relatives à l’éducation, à la santé publique et des facteurs socio-économiques.
  • Accorder un soutien et une flexibilité accrus aux enseignant∙e∙s, aux conférencier∙ère∙s, aux personnels de soutien de l’éducation, surtout à ceux∙celles qui travaillent dans des endroits reculés ou dans des communautés marginalisées. Il s’agit de veiller à ce que les enfants défavorisés ne passent pas à côté d’une éducation de qualité au lendemain de la crise du COVID-19.
  • Surveiller les tendances de l’infection par la COVID-19, les mesures de confinement, la recherche de vaccins et un traitement, la courbe de propagation du virus-notamment avec le pic de la pandémie au Kenya et dans les pays voisins attendue en août 2020.
  • Le gouvernement du Kenya doit augmenter le niveau de préparation et de capacité à prévenir, faire face à la pandémie et enrayer la propagation de la COVID-19.
  • Utiliser les conseils d’expert∙e∙s dans la lutte contre la COVID-19.

Recommandations

Voici quelques-unes des recommandations principales de ce rapport faites au Comité national de réponse d’urgence sur le Coronovirus :

  • Veiller à ce que la courbe des infections par la COVID-19 soit d’abord aplatie pour garantir la sécurité des enseignant∙e∙s, des conférencier∙ères, des personnels de soutien à l’éducation et des apprenant∙e∙s avant la réouverture des écoles, des collèges et des universités. Sachant que les expert∙e∙s prévoient que le pic de la courbe sera atteint en août, les écoles et les établissements d’éducation ne devraient pas rouvrir avant septembre 2020.
  • Seul l’intérêt de l’enfant et toute autre considération de santé publique guideront toute décision de rouvrir les écoles selon les lignes directrices de l’UNESCO.
  • Le gouvernement devrait effectuer des tests de dépistage massif pour tous les étudiant∙e∙s et les enseignant∙e∙s dans les internats avant de rouvrir les écoles une fois la pandémie contenue. Il devrait être permis à ceux∙celles qui sont malades de rester à la maison jusqu’à ce qu’il∙elle∙s soient complètement rétabli∙e∙s avant de reprendre leurs activités d’apprentissage.
  • Un programme élaboré et solide sur l’hygiène professionnelle ainsi que des évaluations de risques sur la santé devraient être mis en œuvre par des consultant∙e∙s de la Direction de la sécurité et de la santé au travail.
  • Des évaluations périodiques de risques pour les enseignant∙e∙s devraient être effectuées selon les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la Santé telles qu’elles sont préconisées pour les travailleur∙euse∙s de santé.
  • Dans le cadre du processus de réouverture, le gouvernement doit adopter des stratégies proactives pour réintégrer les enfants marginalisés et non scolarisés, investir dans des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène afin d’atténuer les risques et de mettre l’accent sur le rattrapage scolaire pour compenser les heures d’enseignement perdues. 
  • Lors de la réouverture des écoles, un mécanisme permettant de surveiller activement les indicateurs de santé, avec un intérêt particulier sur le bien-être et la protection devrait être mis en place. Le Gouvernement devrait investir en faveur d’un renforcement de la pédagogie et de méthodes appropriées d’enseignement et d’apprentissage à distance en y incorporant des connaissances sur la transmission et la prévention de l’infection.
  • Les examens nationaux devraient être reportés au premier trimestre de 2021.
  • La réouverture des écoles, des collèges et des universités doit être transparente, progressive et accompagnée d’une communication claire de la part du gouvernement et des universités publiques, des collèges et des écoles. Une contribution des professionnels de santé publique, des professionnels de santé de première ligne, des éducateur.trice.s, du personnel universitaire et des syndicats. Les établissements d’enseignement public, y compris les universités devraient adhérer aux exigences des politiques de santé publique destinées à prévenir la propagation de la COVID-19.

Mesures immédiates

Les organisations ont établi la liste suivante de mesures que devront prendre les autorités publiques avant la réouverture des écoles et des établissements d’enseignement :

  • Mobiliser les enseignant∙e∙s, les personnels de soutien à l’éducation ainsi que les parents de manière à engager un dialogue constructif et efficace, tout en décidant si les écoles et les établissements d’enseignement doivent rouvrir et de quelle façon. 
  • Promouvoir les services de sécurité dans les écoles tels que le recommande l’Organisation mondiale de la Santé.
  • Fournir un équipement de protection individuelle durable pour les enseignant∙e∙s, les travailleur∙euse∙s et les étudiant∙e∙s.
  • Proposer un espace adéquat permettant la distanciation sociale dans les écoles, les collèges et les universités.
  • Former et soutenir les enseignant∙e∙s et les conférencier∙ère∙s sur la pédagogie adaptée à la COVID-19, ainsi qu’à la sensibilisation aux questions liées au genre et au handicap et aider les survivant∙e∙s de la COVID-19.
  • Recruter davantage d’enseignant∙e∙s et de personnel des écoles de façon à pouvoir soutenir l’enseignement et l’apprentissage intensifs attendu.

Planifier bien, sauver des vies.

« En l’absence de toute mesure indiquée, les écoles ne devraient pas rouvrir, ont souligné les organisations. « Planifiez bien, sauvez des vies. »

[Thu, 28 May 2020 15:05:00 +0200] | DIGG CETTE

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