RDC : les syndicats de l’éducation unis posent des conditions fermes à la réouverture des établissements scolaires

Le 14 mai, le ministre d’État et ministre de l’Enseignement Primaire, secondaire et technique de la République démocratique du Congo (RDC) a présidé l’Assemblée générale des partenaires de son secteur.

Une réouverture des écoles et des établissements d’éducation précipitée

Si la réouverture des classes a été décidée à l’occasion de cette rencontre, dans un communiqué de presse en date du 15 mai 2020, les syndicats nationaux affiliés à l’Internationale de l’éducation – La Centrale de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique (CSC-Enseignement), la Fédération nationale des enseignants du Congo (FENECO-UNTC) et le Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO) – se sont opposés à cette initiative qu’ils jugent « précipitée ».

Ils recommandent au gouvernement de la RDC et ses partenaires de considérer les six conditions exigées par des expert∙e∙s, avant de lever la mesure de suspension des cours en présentiel.

Les six conditions sont les suivantes :

  • La transmission de la maladie est sous contrôle ;
  • Le système de santé national a la capacité de tester, isoler et retracer chaque contact ;
  • Les risques majeurs de transmission sont réduits au minimum dans les environnements vulnérables ;
  • Des mesures préventives ont été mises en place dans les écoles, les lieux de travail et les autres espaces essentiels ;
  • Le risque d’importation de cas peut être géré ; et
  • Les communautés scolaires sont pleinement éduquées, engagées et habilitées à vivre selon une nouvelle norme.

Considérant que ces différentes conditions ne sont pas encore réunies dans le pays, la CSC-Enseignement, la FENECO-UNTC et le SYECO demandent au gouvernement de :

  • Remplir ces six conditions avant de rouvrir les classes ;
  • Payer les arriérés dûs aux enseignant∙e∙s et de supprimer les discriminations en lien avec les indemnités de logement et de transport et la prise en charge médicale ; et
  • Instaurer un dialogue social permanent et transparent pendant ce processus relatif à la réouverture des écoles.

Le public doit être informé des mesures prises pour la protection des élèves et des enseignant∙e∙s

Le Secrétaire général de la FENECO, Augustin Tumba Nzuji a aussi insisté pour que le gouvernement informe clairement l’opinion publique sur les mesures prises pour la protection des élèves et des enseignant∙e∙s : « Il faudrait que le gouvernement puisse nous dire de manière précise ce qui se passerait si on attrapait un élève avec la maladie. Est-ce qu’il y a des dispositions pour pouvoir tester, traiter puis isoler, sans oublier de suivre les contacts avec cet élève ? »

Il a continué en regrettant que les autorités publiques semblent être « en train de tâtonner » et a rappelé que la majorité des enseignant∙e∙s en RDC ont l’âge d’admission à la retraite, c’est-à-dire qu’ils ont des soucis de santé et sont vulnérables au virus.

Revenant sur la situation économique, il a aussi insisté sur le fait que les parents ont des soucis pour payer les transports et la nourriture à leurs enfants, et connaissent donc de grandes difficultés financières à envoyer leurs enfants à l’école.

[Mon, 25 May 2020 11:53:00 +0200] | DIGG CETTE

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