Maurice: le syndicat d’enseignants fait reconnaitre par les autorités publiques une revalorisation salariale

Depuis 1988, à Maurice, les enseignant·e·s, suivant une recommandation officielle selon laquelle il·elle·s ne peuvent s’engager dans la profession et enseigner sans une formation initiale appropriée et une mise-à-jour professionnelle continue, se sont engagé·e·s dans une formation professionnelle continue apportée par l’État sanctionnée par « Teachers’ Diploma ». Depuis lors, environ 20.000 enseignant·e·s ont suivi ce cours et obtenu le diplôme.
 
Ceux·Celles-ci ont reçu jusqu’en 2016 une augmentation salariale – « Diploma Increment » – comme récompense pour cette mise-à-jour professionnelle – « additional qualifications ». En 2016, le Pay Research Bureau – organisation gouvernementale qui s’occupe des conditions de travail des fonctionnaires et révise les salaires chaque cinq ans – a décidé que dorénavant il ne serait pas alloué d’augmentation salariale aux enseignants qui suivent ces formations additionnelles.
 
« Nous avons très vite contesté cette décision », explique Vinod Seegum, Président du Government Teacher's Union et membre du Bureau du Comité syndical francophone de l'Éducation et de la Formation qui regroupe les affiliés francophones de l’Internationale de l’Éducation. « Nous avons rappelé que ces 425 enseignantes et enseignants du primaire ont commencé les cours pour le Teachers’ Diploma avec des ‘attentes légitimes’ d’obtenir cette augmentation, sinon ne se donneraient pas autant de peine. »
 
Néanmoins, l’organe compétent, le Central Implementation and Monitoring Committee, auquel le Government Teacher's Union a fait soumettre le cas, a estimé que, les enseignant·e·s ayant signé un formulaire par lequel ils renoncent à cette augmentation, il·elle·s ne peuvent pas la réclamer.
 
Pendant quatre ans, Seegum a insisté et évoqué la question lors de diverses négociations avec les autorités publiques de Maurice, dont une avec le Premier Ministre, Pravind Jugnauth, lors des consultations pré-budgétaires 2018. Nous avons le soutien de la Ministre de l’Éducation, Lela Devi Dookun, qui a compris le fond du problème, souligne-t-il.
 
Une solution a finalement été trouvée pour les 425 enseignant·e·s du primaire appartenant aux groupes ayant suivi la formation de 2002 à 2004 et de 2003 à 2005 et perdu l’augmentation salariale à laquelle ils auraient dû prétendre pendant deux ans. En effet, fin avril 2020, une somme forfaitaire (lump sum) pour un montant total de 18 millions de roupies mauriciennes (442.000 euros) représentant 24 mois d’augmentation salariale va leur être payée.
 
« Notre syndicat est respecté, notamment du fait de son statut de membre de l’Internationale de l’Éducation, et nous avons une force de frappe. Il était question dans un premier temps d’accorder une somme pour 12 mois seulement, mais nous avons insisté pour en avoir plus », ajoute Seegum, déplorant toutefois que « l’anomalie reste là. Cette injustice salariale risque de perdurer jusqu’à la fin de la carrière de celles et ceux concernés. »
 
Le Government Teacher's Union estime que le Pay Research Bureau est le principal coupable, car il a aboli  les augmentations salariales pour qualifications additionnelles, sans en bien jauger les répercussions. Pour Seegum, «  c’est au Pay Research Bureau de corriger leur bévue monumentale ». « Nous tenterons de faire corriger cela, pour que cesse la disparité avec les autres enseignants, à l’occasion du prochain rapport de ce dernier, en octobre 2020, pour lequel nous porterons également d’autres réclamations », conclut-il.

[Fri, 28 Feb 2020 09:50:00 +0100] | DIGG CETTE

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