Maroc : attaques gouvernementales répétées contre les droits humains et syndicaux des éducateur∙trice∙s

Le SNE-CDT a informé le 5 janvier l’Internationale de l’Éducation de « la forte tension résultant des décisions unilatérales du ministre de l’Éducation nationale qui visent les acquis sociaux des enseignants, leur droit constitutionnel de grève et leur liberté syndicale, compte tenu de l’absence de dialogue social responsable ». 
 
Non-respect des promesses par le ministre de l’Éducation
 
Le syndicat marocain a aussi rappelé que la dernière rencontre de dialogue a eu lieu en février 2019, une rencontre au cours de laquelle le ministre de l’Éducation nationale, Saaid Amzazi, a fait plusieurs promesses pour résoudre certaines des questions en suspens depuis des années.
 
Le SNE-CDT a néanmoins vivement déploré que toutes les promesses n’ont pas été respectées et que le ministre n'a pas honoré ses engagements, malgré les demandes répétées du syndicat, prenant au contraire « des décisions plus rétrogrades qui portent atteinte aux droits des enseignants ».
 
Il a dès lors décidé d’un programme de lutte pour faire face à cette situation, plan présenté lors d'une conférence de presse tenue le 5 mars 2020. La pandémie de COVID-19 et la fermeture des établissements d'enseignement qui en a résulté ont cependant obligé les syndicalistes enseignant∙e∙s à reporter toutes les activités prévues. 
 
Le syndicat a par la suite condamné le fait que, au cours de cette crise sanitaire, le ministère de l'Éducation nationale a continué de geler le dialogue et n'a pas impliqué les syndicats dans la gestion de la crise et la réflexion sur les moyens d'assurer la continuité pédagogique et a pris des décisions unilatérales. Il a aussi noté des manquements en termes de conditions de santé et de sécurité, à la fois pour les enseignant∙e∙s et les personnels de soutien à l’éducation, et pour les élèves.
 
Revendications syndicales présentées via des sit-in lors de la Journée mondiale des enseignant∙e∙s
 
Le SNE-CDT a également transformé le 5 octobre 2020, Journée mondiale des enseignant∙e∙s, en une journée de manifestations et de revendication, en organisant des sit-in des responsables syndicaux au niveau des directions provinciales, et au niveau des établissements scolaires pour ses membres.
 
Suite à une réunion de son Conseil national, il s’est ensuite mis d’accord sur un nouveau plan de lutte, lequel a débuté par une grève nationale générale les 1er et 2 décembre. Cette grève a été accompagnée de sit-in devant les directions régionales et de manifestations devant les conseils administratifs des académies régionales présidés par le ministre de l'Éducation nationale.
 
Selon le syndicat, « la décision la plus dangereuse prise par le ministère de l’Éducation nationale pendant cette période est de priver les grévistes de leur droit à la promotion en déduisant leurs notes administratives, ce que nous considérons comme une restriction dangereuse au droit de grève et à la liberté syndicale ».
 
La dernière étape du programme d’activités syndicales était un sit-in des membres du Bureau national du SNE-CDT et de responsables syndicaux le 22 décembre devant le siège du ministère de l’Éducation dans la capitale du pays, Rabat. Mais, ont regretté les syndicalistes, les autorités l'ont interdit d'une manière illégale, prétextant de circonstances exceptionnelles et de la loi d'urgence sanitaire. Il∙Elle∙s ont expliqué que les autorités ont en effet mobilisé tous les services de sécurité pour encercler les militant∙e∙s avant que ces dernier∙ère∙s n’arrivent au siège du ministère, et ont eu recours à la persécution et à la force pour les disperser.
 
Pour un dialogue sérieux et responsable sur les revendications syndicales 
 
Le SNE-CDT a aussi fait valoir que ceci « démontre que le Maroc ne respecte pas ses engagements et ces comportements contredisent les chartes internationales que le pays a ratifiées, et aussi les lois nationales et surtout la constitution qui garantit la liberté d'expression et le droit de la grève et les manifestations, ce qui prouve que le pays vit dans une contradiction flagrante entre le discours et la pratique des libertés ».
 
C’est pourquoi sa revendication fondamentale aujourd’hui est « d'ouvrir un dialogue sérieux et responsable sur les revendications en suspens de 2014 à aujourd'hui, et le respect des libertés syndicales et du droit de grève ».
 
Internationale de l’Éducation : solidarité avec les éducateur∙trice∙s syndicalistes marocain∙e∙s
 
L’Internationale de l’Éducation est en totale solidarité avec son affilié marocain, soutient fermement cette demande des enseignant∙e∙s syndicalistes, et demande aux autorités publiques de respecter les droits humains et syndicaux des éducateur∙trice∙s. Elle continuera à examiner la situation dans ce pays.

[Thu, 07 Jan 2021 13:34:00 +0100] | DIGG CETTE

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